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7 musées à Marseille que j’adore

Je vis à Marseille depuis déjà quatre ans, je l’aime beaucoup et j’explore son histoire et sa culture avec plaisir. Avec le temps, j’ai eu mes musées préférés, où je suis déjà retournée plusieurs fois et où je reviendrai sûrement encore et encore. Voici mes favoris personnels : 

MUCEM. (Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée) 

C’est un musée assez intéressant avec une thématique très vaste et inhabituelle : la culture des pays méditerranéens, si diverse et en même temps un peu commune. Le musée est relativement jeune, il a ouvert en 2013. Le nouveau bâtiment J4 a été construit par l’architecte contemporain Rudy Ricciotti.

Moi et une “baba” scythe des steppes de Kherson. Exposition anniversaire au MUCEM

Le MUCEM est un ensemble composé de ce bâtiment moderniste où se trouvent les expositions, des constructions de l’ancien fort Saint‑Jean et des ponts et passerelles qui les relient. Ainsi vous pouvez combiner une visite d’exposition, une promenade dans le fort et un déjeuner au restaurant local. Les billets pour les expositions coûtent 11 euros, mais chaque premier dimanche du mois l’entrée est gratuite.

Une chemise ukrainienne « vyshyvanka » de Volhynie, présentée lors d’une exposition consacrée à la mode au MUCEM

On peut se promener librement dans le fort sans visiter les expositions. Je trouve très intéressante une exposition multimédia à part, consacrée à l’histoire du fort. Pour découvrir une nouvelle étape historique, il faut passer dans la salle voisine, où une vidéo est projetée, montrant comment l’ensemble des constructions a grandi et évolué au fil du temps. 

Les créations de Simon Porte Jacquemus, présentées lors d’une exposition consacrée à la mode au MUCEM

J’aime simplement me promener dans le fort, on y trouve des « jardins suspendus » avec des plantes aromatiques, des oliviers et des grenadiers. En été, sous la chaleur, on peut s’allonger sur les bancs de la scène en plein air, à l’ombre des arbres, somnoler ou lire un livre. L’été, il m’arrive de le faire avec grand plaisir. Il y a aussi un petit bar, une boutique et un espace de repos. On peut aussi longer tout le fort par les galeries des fortifications et monter à la tour du roi René pour profiter d’une vue à couper le souffle sur le Vieux‑Port et Notre‑Dame de la Garde. 

Un objet exposé lors de l’exposition anniversaire au MUCEM

J’aime beaucoup les expositions qui y sont organisées, c’est toujours une scénographie techniquement impeccable, un éclairage excellent et une thématique fraîche et intéressante. Je me souviens surtout d’une exposition consacrée au lien entre le costume ethnique et l’industrie de la mode contemporaine, j’en parlerai sûrement à part. Il y a eu aussi des expositions intéressantes sur l’Alexandrie antique, la cuisine méditerranéenne, l’Égypte ancienne, les routes maritimes médiévales. J’essaie de ne pas manquer les événements du MUCEM et je vais toujours avec plaisir aux nouvelles expositions. 

On y organise aussi des concerts. J’ai déjà mentionné dans un de mes posts précédents qu’en juin 2022 j’ai assisté à un concert de mon groupe ukrainien préféré, DakhaBrakha. Ils étaient alors en tournée en Europe et donnaient des concerts gratuits pour attirer l’attention sur la guerre en Ukraine.

Musee Regards de Provence

C’est en réalité une galerie de peinture. Elle se trouve tout près du MUCEM, mais on la connaît, hélas, beaucoup trop peu, et il y a toujours peu de monde ici. On y expose de très belles œuvres, surtout de la peinture consacrée à Marseille et à la Provence. Les expositions durent plusieurs mois. J’essaie de ne pas les manquer non plus — chaque fois c’est un immense plaisir : des tableaux peu connus, mais de grande qualité, d’auteurs différents. La dernière fois, j’ai visité une exposition du peintre provençal Laurent Mattio (1892‑1965) — il est vraiment très bon ! J’ai été fascinée par la vivacité et la fraîcheur des couleurs dans ses œuvres.

Les œuvres de Laurent Mattio:

À une certaine distance, sa peinture paraît très fine et délicate. Mais dès que vous vous approchez, vous voyez qu’il peint avec de très larges coups de pinceau, amples et libres. J’ai toujours envié, gentiment, les artistes qui maîtrisent cette technique — c’est un vrai savoir‑faire.

Le musée et le parc Borély. 

C’est encore un endroit où l’on peut s’enrichir culturellement et faire une agréable promenade en plein air. Dans un coin tranquille du parc, on peut trouver l’entrée du Jardin botanique municipal — petit, mais très accueillant. J’y viens tous les deux ou trois mois, il est magnifique en toute saison.

Les recoins japonais et chinois sont particulièrement charmants, leur tranquillité contrastant de façon inattendue avec le monde bruyant derrière la clôture. Il y a même un Jardin de Pierres traditionnel, et l’entrée n’est pas si facile à trouver. Mais si vous la dénichez, vous pouvez y passer un bon moment en solitaire, à méditer ou simplement réfléchir.

J’ai déjà mentionné que dans le parc Borély, dans une demeure ancienne, se trouve le Musée de la Faïence, des Arts décoratifs et de la Mode. À vrai dire, on y expose surtout de la faïence des manufactures locales — mais très raffinée. On y change régulièrement l’exposition temporaire, en général ce sont des expositions de mode, assez originales.

Une robe de Paco Rabanne

Par exemple, en ce moment, il y a une exposition consacrée à la couleur bleue dans l’habillement. J’aime beaucoup ce musée. À une époque, j’y venais si souvent et j’y amenais tous mes amis que le personnel du musée avait commencé à me reconnaître.

Musée provençal 

Un petit musée à Château‑Gombert est considéré comme le petit frère du Musée Arlaten à Arles. Son fondateur, Jean‑Baptiste Pignol, avait un jour entendu l’appel de Frédéric Mistral : il fallait créer des musées de la culture provençale dans chaque ville ! Pignol a réagi avec empressement : « Puisque le grand Mistral lui‑même nous l’ordonne, qui sommes‑nous pour lui désobéir ?! ». Et il a ouvert un musée dans son Château‑Gombert natal. Pour cela, il a aménagé sa propre propriété, l’agrandissant et la transformant de telle manière qu’elle ressemble désormais davantage à un château médiéval.

Chose amusante : j’ai trouvé au Musée des Beaux‑Arts du Palais Longchamp un tableau du peintre Jean‑Antoine Constantin, « Orage sur Château‑Gombert », du début du XIXᵉ siècle. On y voit une ancienne abbaye ou un petit château. Aujourd’hui, malgré son nom, il ne reste plus aucune trace d’un château ancien à Château‑Gombert — à part celui que Jean‑Baptiste Pignol a construit dans les années 1930.

Jean‑Antoine Constantin, « Orage sur Château‑Gombert »

Château‑Gombert est connu pour son profond attachement aux traditions provençales : en plus du musée, il y a ici une association locale de culture provençale, qui participe régulièrement à des festivals folkloriques. Ce musée, je l’adore tout simplement, j’y ai déjà emmené tous mes amis. On peut y voir une maison typique d’un Provençal aisé, plusieurs pièces meublées, de la vaisselle, des vêtements, des crèches avec des santons et beaucoup, beaucoup d’autres choses.

Lors de ma dernière visite, on a proposé aux visiteurs de participer au travail du musée : on nous a donné des gants jetables et on nous a permis de choisir un des objets exposés. Ensuite, chacun pouvait examiner attentivement son artefact et le décrire en remplissant une fiche spéciale. C’était vraiment très intéressant !

Une seule contrainte : les visites sont guidées, sur réservation, et uniquement le samedi, à 15h00. Je recommande vivement d’y aller.

Musée du savon 

Oui, je sais, c’est trop touristique, mais ça vaut quand même le coup… Tout le monde a sûrement entendu parler du fameux savon de Marseille, mais peu savent qu’il ne reste aujourd’hui que quatre fabriques qui le produisent encore. L’une des petites savonneries, La Licorne, a une boutique au Vieux-Port, et à cette boutique est rattaché un petit musée du savon.

Moi, je l’adore ! Le billet n’est vraiment pas cher (2 euros), et en plus, à l’entrée, on vous donne un jeton spécial que vous pouvez échanger dans la boutique pour acheter n’importe quel savon à un euro cinquante. Et d’ailleurs, le savon est excellent. Je l’ai offert à mes amis de Kyiv, et maintenant, chaque fois que je leur demande quoi leur envoyer comme cadeau de Noël, ils répondent en chœur : « le savon La Licorne ! » (et non, ce n’est pas de la pub, c’est juste la vérité). 

Le musée est très intéressant et enrichissant. Il se trouve dans un ancien dock où l’on réparait autrefois les bateaux. La première fois que je suis venue ici, j’y ai passé plus d’une heure, en étudiant attentivement l’exposition. On y trouve des pièces vraiment insolites. Par exemple, des figures en cire représentant les personnages des films « Jean de Florette » et « Manon des sources », César « Papet » Soubeyran et Ugolin « Galinet » Soubeyran, effrayants de naturalisme. Ils accompagnent un gigantesque objet – un moulin à huile d’olive. J’en parle dans un autre post

Le complexe des musées de la Vieille Charité

Je l’ai déjà mentionné dans mon récit sur les musées et événements culturels que j’ai visités pendant mon premier mois en France. Cette Nuit des Musées-là, j’ai vu les Départements d’Archéologie antique et d’Antiquités égyptiennes, et il y a aussi les départements des cultures d’Afrique, d’Océanie et du Mexique.

Ce sont des cultures totalement nouvelles pour moi, rien de tel en Ukraine. Au musée de l’Océanie, il y a des pièces vraiment sinistres – par exemple, des tsantsa rituelles (des têtes humaines séchées – brrrrr), elles ne laissent personne indifférent, les touristes s’arrêtent forcément devant cette vitrine. Mais ce que je préfère, c’est le Département de la Culture du Mexique. C’est impossible à décrire avec des mots, je vais juste montrer quelques photos:

Je suis en extase devant cette folie multicolore ! Et vous, ça vous plaît ? 

L’architecture du temple central est très intéressante – son dôme est un peu aplati, pas rond, mais elliptique en plan. La Vieille Charité a été construite au XVIIᵉ siècle sur les plans du célèbre architecte Pierre Puget, et elle a fonctionné jusqu’en 1922. Au milieu du XXᵉ siècle, les bâtiments étaient dans un état lamentable. Après vingt-cinq ans de restauration, ils ont été ouverts aux visiteurs comme complexe muséal. J’aime beaucoup cet endroit : en marchant à l’ombre des colonnades, j’ai l’impression d’être l’héroïne d’un vieux film historique français. 

Le Musée d’Histoire de Marseille

Il est magnifique, très intéressant, très bien organisé. Rien que des pièces comme une ancienne nécropole entièrement déplacée ici ou un navire romain, déterré en entier et occupant toute une salle, ça vaut le détour. Bien sûr, il n’est pas aussi énorme que le bateau d’Arles, mais il impressionne quand même. Et j’aime beaucoup aussi le Jardin archéologique en plein air.

D’abord, il permet de comprendre où se trouvait réellement le Vieux-Port de Marseille et jusqu’où allaient les eaux du port dans l’Antiquité. Ensuite, l’histoire de sa découverte est complètement incroyable. Lors de la construction du centre commercial Centre Bourse, en creusant le chantier, ils sont tombés sur une maçonnerie taillée à la main et sur l’ossature en bois d’une structure – c’était notre bateau romain.

Le chantier a été interrompu, et on a mené des fouilles minutieuses, au cours desquelles on a découvert les restes de plusieurs bâtiments et une multitude d’artefacts qui ont constitué la base de la collection. Si j’ai bien compris, il a fallu déplacer un peu le chantier. Le Musée d’Histoire est littéralement intégré dans le bâtiment du centre commercial. 

Bien sûr, à Marseille, il y a d’autres musées, ici j’ai listé ceux que je visite assez souvent. Peut-être que je parlerai aussi des autres un jour. J’ai envie de raconter les musées « cachés », peu connus. Qu’en pensez-vous ?

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