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Qu’est-ce que le savon de Marseille ? Histoire, fabrication et vérité derrière un mythe provençal

Un musée du savon au Vieux-Port : première rencontre

En arrivant à Marseille et en se rendant dans le centre historique, il est difficile de ne pas remarquer l’énorme quantité de savons qu’on y vend. Même si vous n’entrez pas dans les boutiques de souvenirs, l’odeur du savon vous suit littéralement partout. Marseille et son savon – ce sont presque des réalités indissociables, à tel point que le savon local est devenu aujourd’hui une banalité touristique (ou une marque déjà bien établie ?). Il est simplement là, et personne ne se demande vraiment d’où il vient et de quoi il est fabriqué.

Bien sûr, je suis allée au musée du savon deux semaines après m’être installée à Marseille. Tous mes amis qui sont déjà passés par Marseille me demandent à chaque fois de leur envoyer le fameux savon quand je leur demande ce qu’ils veulent pour Noël. Le savon marseillais est vraiment considéré comme une « marque reconnaissable », mais en réalité les touristes le connaissent moins bien qu’on pourrait le penser. Alors je vais prendre la liberté de vous en parler, en me promenant dans le musée.

À Marseille, il y a plusieurs musées de ce type, je suis entrée dans celui‑ci, car il se trouve juste au Vieux-Port, je passe souvent devant lui. En plus, mon attention a été attirée par une véritable barque qu’ils ont tiré jusque dans la vitrine du magasin. Le musée possède une boutique de savons souvenirs appelée « Licorne », et la fabrique qui produit le savon porte le même nom. L’entrée du musée coûte 2,5 euros, mais à l’entrée on vous remet un petit jeton que vous rendez ensuite à la boutique, et vous recevez en échange un morceau de savon au choix.

Le vrai savon de Marseille : définition et confusion touristique

Il faut noter qu’il n’existe aujourd’hui que 4 usines qui produisent encore le véritable savon marseillais. Le savon vendu partout en morceaux dans le Sud de la France n’est le plus souvent pas du vrai savon marseillais classique. Voici ces quatre fabriques :

• Savonnerie Fer à Cheval (Marseille)

• Savonnerie Le Sérail (Marseille)

• Savonnerie du Midi – La Corvette (Marseille)

• Savonnerie Marius Fabre (Salon-de-Provence)

Ce sont les « classiques », qui se présentent comme les gardiens de la tradition. Ils continuent de cuire le savon dans des chaudrons, suivent strictement le processus historique de fabrication, s’écartent très peu de la formule, mettent la tradition au cœur de leur démarche. Ils ont leur propre vision : « Nous préservons le métier ». Évidemment, ce savon coûte plus cher.

Le savon marseillais « classique » n’a rien de spectaculaire visuellement – sa surface est irrégulière, on n’y ajoute pas de colorants, et il est sans parfum. Les nuances verdâtres ou jaunâtres viennent des huiles végétales à partir desquelles le savon est fabriqué. Le savon doit contenir au maximum 6 ingrédients naturels, avoir la forme d’un cube et porter des empreintes sur chaque face du morceau.

Moi, j’utilise ce savon depuis ma première semaine ici – il enlève parfaitement toutes sortes de taches tenaces. On peut aussi s’en servir pour le corps – il ne dessèche pas la peau, et on peut même s’en servir comme shampoing. Sur l’image du haut, vous voyez le chiffre 86 % — c’est la teneur en sels d’acides gras, exprimée en acides gras (en gros, la « partie savonneuse » du produit). Les guides disent que c’est le pourcentage d’huile naturelle dans le savon, cela paraît plus clair et plus impressionnant, mais c’est faux, il n’y a pas d’huile à l’état pur dans le savon. Si vous êtes guide, dites plutôt : « C’est le pourcentage de substances obtenues à partir des huiles végétales pendant la saponification, et non de l’huile pure en tant que telle ».

Pour que le savon soit considéré comme de qualité, 72 % suffisent. Tout le savon coloré et parfumé que les touristes achètent si volontiers est purifié, contient des parfums et des colorants. Il peut être composé d’ingrédients « conformes » et en contenir d’autres, « incorrects », « chimiques ».

Le musée que j’ai visité est installé dans un ancien atelier de galère – on y réparait autrefois des embarcations, et l’eau arrivait presque jusqu’aux murs du bâtiment.

La jeune employée m’a dit qu’ils ne sont pas seulement des revendeurs de savon : le musée et la boutique sont liés à une petite savonnerie appelée « Licorne », située dans un autre quartier de la ville. Ils ne font pas partie de la liste des quatre « gardiens de la tradition », même s’ils suivent la technologie classique de fabrication du savon marseillais « brut ». En même temps, ils produisent aussi en grande quantité du savon de toilette « touristique » – purifié, coloré et avec toutes sortes d’additifs, c’est pourquoi on ne les classe pas parmi les « classiques ». On peut citer d’autres savonneries provençales, comme Licorne ou Rampal Latour à Salon-de-Provence, qui travaillent dans un esprit proche de la tradition, sans faire partie officiellement du cercle des fabricants historiques.

Ne tirons pas de conclusions trop tranchées, ce n’est pas un mauvais savon – simplement l’entreprise s’oriente non seulement vers la tradition, mais aussi vers le marketing touristique. Et il ne faut pas oublier que le savon multicolore vendu 1 euro sur les marchés du samedi dans toute la région est rarement un vrai savon marseillais, et il est même peu probable qu’il soit fabriqué en France.

Une tradition ancienne : des croisades à Louis XIV

On fabrique du savon à Marseille depuis le XIIᵉ siècle (!). La technique de fabrication est venue d’Alep – les Croisades ont enrichi la France non seulement matériellement. À Marseille, depuis l’époque romaine, l’huile d’olive était disponible en grande quantité, et comme agent alcalin on utilisait au départ la cendre de plantes, le plus souvent celle de la salicorne.

La salicorne de ma propre collection de plantes succulentes

J’ai une salicorne en pot. Je ne savais même pas comment elle s’appelait avant de commencer à écrire cet article – j’ai simplement cherché à voir à quoi ressemblait la plante qui avait joué un tel rôle dans la fabrication du savon. La salicorne européenne est capable d’accumuler des alcalis, surtout le bicarbonate de sodium, ou soude. On en produisait déjà de la soude dans l’Antiquité. La soude tirée de la cendre de salicorne était utilisée pour fabriquer du verre, du savon, des textiles et du papier. Cette technique a été largement utilisée jusqu’au XVIIIᵉ siècle. On mange aussi la salicorne – elle est comestible et assez salée.

Processus de fabrication industrielle du savon

La première savonnerie commerciale officielle a ouvert à Marseille au XIVᵉ siècle, la première usine au XVIᵉ siècle. Pendant longtemps, le savon se vendait très facilement, il en manquait constamment, malgré des exportations importantes. En 1660, la ville comptait 7 savonneries qui produisaient environ 20 000 tonnes de savon par an. Le terme même de « savon de Marseille » est apparu sous Louis XIV. Au début, tout le savon était verdâtre, à base d’huile d’olive. On le vendait en gros blocs, et c’étaient les acheteurs eux‑mêmes qui le découpaient ensuite. On peut encore voir ces gros blocs aujourd’hui dans les vitrines des boutiques touristiques de savon.

Autrefois, le savon était vendu sous forme de grosses briques comme celles-ci

Pourquoi Marseille est devenue la capitale du savon

Le développement de la production de savon à Marseille semble logique : il y avait de l’huile d’olive – on a commencé à faire du savon. Mais ce n’est pas si simple. Marseille est devenue un centre de savonnerie parce qu’ici s’est formée une configuration économique idéale, assez complexe. Le savon n’y a jamais été un simple artisanat local, mais un produit du grand commerce.

Manuel de fabrication du savon de Marseille

Avant tout, c’est un grand port international, l’un des principaux nœuds commerciaux de la Méditerranée. Les marchandises affluaient ici du monde entier – tout ce qu’il fallait pour le savon pouvait être soit produit à proximité, soit importé à bas prix. En plus, Marseille n’était pas seulement un lieu de production, mais aussi un centre de distribution. Le savon était distribué depuis Marseille dans toute la France et bien au‑delà.

L’une des expositions consacrée à la fabrication de l’un des composants essentiels du savon de Marseille : l’huile d’olive.

Le premier ingrédient nécessaire, c’est l’huile d’olive. On l’importait non seulement de Provence, mais aussi d’Italie. Plus tard, on a commencé à importer de l’huile de palme et de coco depuis les territoires d’outre‑mer – c’est ainsi qu’est né le savon blanc.

Le deuxième ingrédient — le sel et l’alcali (la soude). Pour fabriquer du savon, il faut de la soude, et pendant longtemps on l’obtenait notamment à partir de cendres végétales ou de procédés liés au sel marin. La Camargue, avec ses salins, se trouvait à deux pas.

Sur ses rives, dans les calanques de Cassis, une carrière de calcaire a existé jusqu’aux années 1990. Ce calcaire était utilisé dans la production de soude caustique, nécessaire à la fabrication du savon de Marseille.
Ancienne carrière de calcaire abandonnée à Cassis

Et quand, au XIXᵉ siècle, les méthodes industrielles de production de soude sont apparues, Marseille s’est retrouvée dans une position avantageuse : les matières premières et l’infrastructure étaient déjà en place (par exemple, à Cassis, on a fermé tout récemment l’exploitation du calcaire – directement sur les falaises de la calanque de Port‑Miou).

Moulin pour la production d’huile d’olive : ici, les olives récoltées en novembre-décembre étaient broyées pour obtenir une pâte homogène.

Le troisième ingrédient — l’eau. Pour fabriquer du savon, il faut une eau douce : l’eau dure gêne la réaction chimique et dégrade la qualité du produit. L’eau de Marseille a toujours été douce, même si elle manquait parfois. Au XIXᵉ siècle apparaît le canal de Marseille, qui a assuré à la ville un approvisionnement stable en eau.

Si l’on met tout cela ensemble, on voit que le savon marseillais n’est pas seulement une « tradition », mais le résultat d’un système bien réglé : port, matières premières, eau et marché.

Le savon et la société : hygiène, villes et modernité

Jusqu’au XIXᵉ siècle, la propreté n’était pas une norme aussi évidente qu’aujourd’hui. Les gens se lavaient moins souvent, les odeurs étaient plutôt masquées qu’éliminées, et l’hygiène n’était pas considérée comme quelque chose de fondamentalement important. Tout change avec la croissance des villes et le développement de la médecine. La densité urbaine, les épidémies (rappelons la peste de Marseille de 1720‑1722), les nouvelles connaissances sur les maladies — tout cela mène peu à peu à une idée simple mais révolutionnaire : la propreté n’est pas seulement un confort, c’est une question de santé.

Statue de la déesse Hygie exposée dans le hall de la bibliothèque de l’Alcazar. Elle est sculptée dans un seul bloc de savon de Marseille pesant environ deux tonnes. Hygie était la déesse de la propreté et la fille du dieu de la médecine, Asclépios.

Le savon, d’objet de luxe, devient une nécessité. Il entre dans la vie quotidienne, fait désormais partie de nouvelles habitudes.

L’armée est l’une des premières à introduire systématiquement l’hygiène : lavage régulier, lessive, normes sanitaires. La propreté devient presque une discipline. Dans les hôpitaux, c’est la même chose : avec le développement de la médecine et la compréhension du rôle des bactéries, l’hygiène devient une partie obligatoire du traitement.

Parallèlement, la vie quotidienne change elle aussi. Dans le milieu bourgeois, la propreté devient un signe de « respectabilité ». Un corps propre, des vêtements propres — ce n’est plus un simple détail domestique, mais un marqueur d’éducation et de statut social.

En ce sens, le savon marseillais n’est pas seulement un morceau de savon. C’est un produit d’une époque où la relation au corps change, où l’hygiène change, et où change aussi la notion même de vie civilisée. Ce qui nous semble évident aujourd’hui était autrefois un véritable signe de progrès.

Comment fabrique-t-on le savon de Marseille aujourd’hui

Comment fabrique‑t‑on le savon de Marseille (et beaucoup d’autres savons) ?

La première étape de fabrication du savon est la suivante : dans une cuve, on mélange l’huile et la substance alcaline (la soude). On laisse cuire plusieurs heures, et on obtient du glycérol (alcool gras) et du savon (sel sodique insoluble).

C’est ce qu’on appelle la « réaction de saponification ». À Marseille, on a toujours utilisé des huiles végétales pour fabriquer le savon (surtout l’huile d’olive), c’est pourquoi le savon a souvent une teinte verdâtre, tirant sur l’olive.

On chauffait lentement à la vapeur pour que le mélange ne brûle pas. Au XVIIIᵉ siècle commence l’expansion coloniale de la France en Afrique et au Moyen‑Orient, ce qui rend accessibles d’autres types d’huiles végétales – huile de palme, huile de coco, etc. ; des essences aromatiques exotiques deviennent également accessibles. La gamme de savons s’élargit. Dès le début du XIXᵉ siècle, on développe une technique de synthèse chimique de la soude à partir du sel marin, et la soude commence à être largement utilisée dans la savonnerie. À cette époque‑là, on comptait déjà 62 savonneries à Marseille !

Cuve de refroidissement du savon brut

L’étape suivante : le broyage et le premier pressage. On râpe le savon avec une râpe spéciale pour y ajouter des ingrédients supplémentaires : extraits végétaux, huiles aromatiques, colorants naturels. Puis la masse est repassée entre des rouleaux, cette fois en couche encore plus fine, pour obtenir une homogénéité parfaite.

Masse de savon broyée
Machine utilisée pour l’étape suivante de la fabrication du savon, datant d’environ 100 ans. À l’intérieur se trouvent des rouleaux en granit à travers lesquels on faisait passer le savon brut. Il s’agit de la deuxième étape du processus : la mise en forme et l’homogénéisation de la masse savonneuse. Celle-ci est coulée dans des moules, refroidie, puis passée entre des rouleaux en pierre, ce qui la rend plus homogène, sans grumeaux.
Machine d’extrusion

L’étape suivante de fabrication : l’extrusion, réalisée dans une autre machine dédiée. La masse est pressée et extrudée à travers une ouverture de forme carrée. Le savon sort sous forme de barre, qui est découpée au couteau ou avec un fil fin selon la taille des futurs morceaux.

Barres de savon et embouts pour la sortie de l’extrudeuse, qui déterminaient la forme des barres. À l’arrière, à gauche, une spatule pour la découpe.

Pour le pressage final, il faut encore une presse. C’est là que les morceaux de savon prennent leur forme définitive, et en même temps s’y impriment les empreintes du savonnier et d’autres emblèmes. Les chutes de production sont ensuite réutilisées pour un recyclage secondaire.

Presse pour le marquage du savon. Elle est utilisée lors de la dernière étape : le pressage final. Dans cette presse, les morceaux de savon prennent leur forme définitive, et les empreintes avec le nom du savonnier et d’autres emblèmes y sont apposées. Les déchets issus de ces opérations sont ensuite recyclés.

Les lavandières marseillaises : un métier et un moyen d’information sociale

Au musée, il y a une statue de cire représentant une lavandière marseillaise avec l’inévitable morceau de savon de Marseille dans ses mains. On peut y voir un lavoir en pierre typique – on les installait sous un auvent ou en plein air. À côté de la jeune femme, une planche à laver rainurée ; en Union soviétique, on utilisait les mêmes. À droite, deux objets étranges – il est écrit « premières machines à laver ». Si j’ai bien compris, on les actionnait à la main pour brasser le linge.

Le métier de lavandière disparaît dans les années 1950, avec l’apparition des premières machines à laver. Le travail était, vous vous en doutez, très dur, mais les lavandières étaient toujours considérées comme des femmes gaies, bruyantes et sociables. Dans chaque grande maison bourgeoise, il y avait une lavandière ; parfois, une lavandière pouvait travailler à son compte et s’occuper de plusieurs maisons à la fois.

Les « collègues » de différents foyers se retrouvaient généralement au même endroit pour travailler – près des lavoirs ou d’autres points d’eau. En travaillant, elles échangeaient les secrets de leurs employeurs et bavardaient sans retenue, si bien que les lavandières étaient un maillon essentiel de la circulation des nouvelles de la ville. Au cours de l’année, chaque foyer faisait au moins deux grandes lessives dans le cadre domestique. Un cycle de lavage de ce type comprenait plusieurs étapes : 1) trempage du linge avec de la cendre pendant vingt‑quatre heures, 2) versement d’eau chaude, 3) battage, rotation, déplacement du linge dans l’eau – c’est‑à‑dire le lavage proprement dit, 4) rinçage, 5) séchage.

Première machine à laver

Au musée, il y a beaucoup d’objets liés à l’hygiène et au bain. Par exemple, on y trouve une baignoire en cuivre, de type assis, du début du XXᵉ siècle. En bas, on voit une ouverture où l’on pouvait placer des braises pour maintenir la température de l’eau.

Eh bien, poursuivons la visite et voyons ce que le musée a encore à nous montrer.

Les machines de pressage peuvent donner au savon des formes plus complexes.
Présentoir de savons vintage

Dans le musée sont exposées des figures de cire représentant des personnages du film « Manon des Sources ».

Mécanisme d’extraction de l’huile à partir de la pâte d’olive
Filtre capillaire pour la purification de l’huile d’olive
Machine pour la production d’huile essentielle de lavande et d’eau de lavande. On sait bien que la Provence est la terre de la lavande. Les deux odeurs emblématiques de l’été autour des étals touristiques du Vieux-Port sont la lavande et le savon. Le savon à la lavande est donc l’un des plus vendus. La lavande est récoltée en juillet. Pour les usages en parfumerie, on utilise principalement l’huile essentielle extraite des fleurs, plutôt que les fleurs elles-mêmes.

Presse pour l’apposition du marquage sur le savon

Exemples de marquages. Il s’agit de savons anciens, dont beaucoup proviennent de manufactures aujourd’hui disparues. Au début du XXᵉ siècle, Marseille comptait environ 90 savonneries, mais après la Première Guerre mondiale, la production a fortement chuté. Alors qu’en 1913 elle atteignait 180 000 tonnes (un maximum historique), elle est tombée à 52 817 tonnes en 1918.

Porte-savons et savons « vintage ».
Salle des machines modernes
Savon de la savonnerie « La Licorne » dans une boîte en métal.
En France, Jules Ronchetti, originaire de Marseille, a lancé en 1906 un savon sous la marque « Le Persil », soit un an avant que l’entreprise allemande Henkel ne développe une lessive portant le même nom.
Pendant la Première Guerre mondiale, la Société d’Électro-Chimie, distributeur des produits Henkel en France, a conclu un accord avec Ronchetti, par lequel elle renonçait à commercialiser des produits détergents sous la marque Persil.
« Palmolive » n’est pas un savon marseillais, mais un savon américain. Il mérite néanmoins pleinement sa place au musée.
Campagne publicitaire de « Palmolive ». Aujourd’hui, la marque est présente en France via sa filiale « Palmolive France ».

Savon de Marseille à l’huile d’olive parfumé à la lavande (savon de toilette)
Le savon « Cadum » a été créé en France en 1907. Il contenait de l’huile de cade (genévrier), à laquelle on attribuait des propriétés bénéfiques pour les affections de la peau. Le produit a rapidement rencontré un grand succès et, contrairement au savon de Marseille, il est encore commercialisé dans le monde entier aujourd’hui. La marque appartient désormais à L’Oréal. Pendant un temps, le savon pour enfants « Cadum Bébé » a été particulièrement populaire. Sa publicité reposait sur des images de bébés souriants. Le savon ne contenait pas d’additifs chimiques et était recommandé pour les enfants souffrant de diathèse et d’autres problèmes cutanés. Le premier « Bébé Cadum », le nourrisson utilisé dans les campagnes publicitaires — celui que l’on voit sur le pain de savon sur la photo — a vécu jusqu’à l’âge de 92 ans et est décédé en France en 2017.
Savon « Ambré ». Le chat est représenté pour illustrer la douceur de ce produit, mais en réalité, il est destiné à la toilette des personnes, pas des chats.
« Sunlight » est le premier savon de ménage au monde à avoir été emballé en boîte et véritablement commercialisé. Il a été développé en Grande-Bretagne en 1884 (!), et l’entreprise à l’origine du produit a ensuite lancé toute une gamme de détergents. Il est encore vendu aujourd’hui aux États-Unis et au Canada.
Campagne publicitaire du savon « Cadum » pour enfants : des vignettes illustrées de petits gnomes, à collectionner (une série de 24 images).
Annonce d’une émission de radio pour enfants « Père Savon » — un savon portant ce nom était vendu en France. L’émission était diffusée à la radio française. L’annonce précise que des prix seront mis en jeu.
Affiches publicitaires anciennes de différentes marques de savon
Affiches publicitaires anciennes de différentes marques de savon

Malheureusement, la savonnerie marseillaise a beaucoup souffert de la concurrence des savons chimiques bon marché. Aujourd’hui, il ne reste plus en Provence que quelques fabriques, dont quatre sont reconnues comme les gardiennes de la fabrication traditionnelle du savon de Marseille.

Nous apprécions d’autant plus la qualité authentique et les bonnes traditions. Et vous, aimez-vous le savon de Marseille ? En achetez-vous ? Partagez votre avis dans les commentaires.

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